L’excentricité a-t-elle sa place dans le football moderne ?

L’excentricité a-t-elle sa place dans le football moderne ?




Le football, comme on le montre à maintes reprises sur ce site, est avant tout un sport tactique et collectif. Ainsi, les équipes qui réussissent le mieux sont souvent celles les plus disciplinées par rapport aux consignes de leur entraîneur, mais aussi les plus concentrées sur tous les aspects du jeu, aussi bien offensifs que défensifs. Mais il arrive aussi à de nombreuses reprises, et notamment dans les échelons les plus élevés du foot professionnel, que le talent individuel de quelques joueurs aient aussi une grande influence sur les résultats du club.

Mais il arrive aussi parfois que ces fortes individualités se révèlent être d’excentriques personnages, plus souvent pour le pire que pour le meilleur. Ces joueurs prennent alors bien souvent le dessus sur le collectif, attirant à eux toutes les haines et toutes les passions, et c’est alors là que la question se pose : ces personnages sont-ils un mal ou un bien pour leur club et pour le foot en général ? Toutefois, il faut préciser que cette question ne se pose pas que dans le football, car d’autres sports ont aussi connu des stars excentriques, et leur aura était souvent plus grande que leur talent.

Argentine, Angleterre et France

Faisons d’abord un petit retour sur certains des joueurs les plus excentriques de l’histoire du football. Le premier n’est bien sûr personne d’autre que la légende Diego Maradona. Rangé sur la même ligne que les idoles Pelé, Cruyff et Zidane, Maradona a toutefois une histoire en dehors et sur les terrains bien plus controversée que ces stars beaucoup plus lisses (à l’exception d’un petit coup de boule de rien du tout de Zizou lors d’une certaine finale). Entre son but de la main qu’il considère comme son plus haut fait d’armes, ses déboires médicaux et juridiques en Italie et en Argentine, ses déclarations fracassantes à chacune de ses conférences de presse ou ses éternels retours ratés au football comme entraîneur, la liste est longue de tous les actes improbables de Maradona.

Toutefois, s’il faut chercher un pays où les joueurs excentriques se sont le plus épanouis, c’est bien sûr en Angleterre que ceux-ci sont devenus rois et bien souvent très hautement considérés par les fans. Que ce soient les tacles assassins de Roy Keane avec Manchester United, les nombreux problèmes divers et variés de Joey Barton, les soirées de Wayne Rooney ou le comportement et le style toujours hallucinants d’Eric Cantona, les joueurs excentriques ne manquent pas outre-Manche.

En Ligue 1 toutefois, on a vu passer peut-être les deux joueurs les plus excentriques de l’histoire, je veux nommer ici Zlatan Ibrahimovic et Mario Balotelli. Quand l’un parle de lui-même à la troisième personne, l’autre met le feu à sa maison en tirant des feux d’artifices, quand l’un s’estime plus fort que Messi et Ronaldo, l’autre vendange un but tout fait juste pour faire le show, quand l’un estime que le PSG n’existait pas avant lui, l’autre envoie des fléchettes sur les jeunes joueurs de la réserve de Manchester City. Bref, entre l’ultra-arrogance et la pure folie, ces deux joueurs représentent la quintessence de l’excentricité dans le football.

Légende : S’il ne devait en rester qu’un, ce serait probablement lui

IMAGE<<<< https://live.staticflickr.com/2884/32825155033_58ff3b9c50_b.jpg <<<< Photo par Nazionale Calcio/CC BY 2.0

Stop ou encore ?

Alors le foot se porterait-il mieux sans Ibrahimovic, sans Balotelli, sans Barton, sans ces joueurs que l’on adore détester ou que l’on idolâtre quand ils jouent dans son club de cœur ? Eh bien, tout dépend si l’on parle ici de résultats ou de passion. D’un point de vue résultats, à part Maradona et Cantona, les autres affichent des bilans plus mitigés (carrière de Rooney minée par ses excès, Ibrahimovic n’excellant que dans une faible Ligue 1, Barton échouant même à Marseille, Balotelli enchaînant les fiascos, Roy Keane ne devant sa longévité qu’à la spécificité de l’arbitrage du championnat d’Angleterre).

Mais d’un point de vue passion, Maradona est toujours un Dieu à Naples, comme Cantona est le King à Manchester (où Keane et Rooney font aussi partie du Panthéon des Red Devils), et il n’y a qu’à voir l’engouement de Brescia, petit club italien où Balotelli a signé cet été pour comprendre que les joueurs excentriques, s’ils ne favorisent pas toujours le jeu, augmentent grandement l’engouement pour le football.

Ainsi, perdre la totalité de cette folie serait malgré tout dommageable pour le football, pour des raisons dépassant justement le cadre de la raison, mais un seul joueur excentrique par championnat suffit, pour ne pas laisser l’extra-sportif prendre le dessus sur le plus important : la tactique et le jeu.

0 Partages

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*