AS ST-ETIENNE – Les mêmes joueurs peuvent-ils appliquer deux philosophies opposées ?

Les mêmes joueurs peuvent-ils appliquer deux philosophies opposées ? – As St-Etienne

Elle est peut-être la question la plus récurrente et la plus pertinente concernant l’entraînement d’une équipe pro, et même d’une équipe amateur : est-ce l’entraîneur qui doit adapter son dispositif à son effectif ou les joueurs qui doivent appliquer la philosophie de leur entraîneur coûte que coûte ? Il y a évidemment des arguments pour et contre de chaque côté, comme l’impossibilité de faire développer un jeu trop technique à un groupe physique ou l’absence de progression des joueurs s’ils ne sont jamais sortis de leur zone de confort, mais difficile toutefois d’arriver à une réponse ferme et définitive. Ce qu’il se passe cette année à Saint-Étienne pourrait apporter quelques réponses car Christophe Galtier, l’ancien entraîneur, et Oscar Garcia, le nouveau, ont tous deux eu une manière très différente d’aborder un effectif relativement similaire.

Galtier à Saint-Étienne, c’est 9 ans de bons et loyaux services, une remontée du fin fond du classement pour stabiliser le club dans la partie haute du haut de tableau, une victoire en Coupe de la Ligue en 2013, après une trentaine d’années sans rien pour les Verts, et quatre qualifications successives à l’Europa League, avant d’échouer l’an passé. Autrement dit, avec en plus une communication maîtrisée et une proximité avec les joueurs et les supporters, il est un entraîneur qui aura durablement marqué le club de la Loire. Pourtant, même quand les résultats étaient au rendez-vous, l’ASSE a toujours subi les critiques pour développer un jeu peu spectaculaire et misant avant tout sur la défense que sur l’attaque.

Christophe Galtier a en effet toujours privilégié cette stratégie car ses effectifs au fil des ans ont toujours eu un profil similaire. Un défenseur massif aux côtés du capitaine Perrin, des latéraux peu impliqués dans le jeu offensif, une paire de récupérateurs hargneux mais peu techniques (Lemoine-Clément), des joueurs de couloir rapides, et une pointe présente seulement pour mettre des têtes. Avec ces joueurs, La Galette a toujours construit son équipe selon le même schéma et, quand des joueurs ne se fusionnaient pas dans cette stratégie, plutôt que d’essayer de les incorporer d’une autre manière, ils préféraient simplement les mettre de côté. Avec cette stratégie simpliste, Galtier a pourtant obtenu d’excellents résultats, même si son système était arrivé au bout du rouleau. Son successeur Oscar Garcia, à la réputation de coach plus joueur, peut-il faire mieux ?

Évidemment, à cause du mercato, l’effectif est légèrement différent par rapport à la saison passée, avec notamment l’arrivée de quelques latéraux et de Loïs Diony, mais il reste tout de même à 70% identique à celui dont disposait Galtier. Pourtant, Oscar Garcia n’a pas essayé de s’adapter à eux, mais plutôt de les adapter à lui. Le plus étonnant est que le schéma tactique de l’équipe est toujours le même, avec un 4-3-3 à deux récupérateurs. Mais plus que la stratégie pure et dure, c’est la philosophie et l’engagement qu’a voulu modifier le coach espagnol. En demandant à ses joueurs de presser haut, à ses latéraux de monter et de combiner bien plus souvent, à ses milieux d’aller aussi participer à la construction des actions offensives, l’équipe s’en est retrouvée transformée.

Bien sûr, il faudra désormais juger sur toute la saison, voire celle d’après, pour savoir si son choix audacieux aura été payant mais, pour le moment, les premières rencontres de l’ASSE ont été encourageantes, avec une seule défaite en 5 rencontres, contre le PSG et dans un match qu’ils ont parfois dominé. La victoire face à Nice, lors de la première journée, a notamment marqué les esprits des observateurs tant l’esprit de Saint-Étienne était différent de celui de l’an passé, qui était beaucoup plus latéral et aléatoire. Ce changement de philosophie ne se traduit pas toutefois sur les principaux sites de pari en ligne. Ainsi, sur BetStars, Saint-Étienne a toujours une cote plus élevée que des équipes comme Lille ou Bordeaux. Pourtant, si la stratégie osée de Garcia n’est pas certaine de porter ses fruits, elle fait souffler un regain de plaisir et de passion aux supporters des Verts, ainsi qu’aux journalistes. Rendez-vous en mai pour savoir si un entraîneur est capable de transformer l’esprit d’une équipe avec les mêmes joueurs, sans se prendre les pieds dans le tapis.

Si vous avez aimé cet article sur « les mêmes joueurs peuvent-t’ils appliquer deux philosophies opposées ? », nous vous invitons à le partager via Facebook ou twitter

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*