Football et formation – Entretien avec Thierry Guillou

Football et formation – une certaine idée du jeu – Entretien avec Thierry Guillou




Dans cet article, nous allons vous présenter le livre « Football et Formation – une certaine idée du jeu » éditée chez l’Harmattan . Nous avons eu le privilège  d’interviewer Thierry Guillou , auteur du livre, mais aussi éducateur des U19 du Fc Lorient. A travers ses questions-réponses qui servent de préambule du livre, l’auteur nous fait partager son expérience, ses inspirations, sa conception du football… Nous remercions une nouvelle fois Thierry Guillou de ce partage.

 

Peux-tu te présenter (en autre ton parcours professionnel jusqu’à aujourd’hui) ?
En tant que joueur, j’ai débuté le football à l’âge de 5 ans dans un club amateur de Lorient. A 11 ans, j’ai été recruté par le club « phare » de la ville, le FC Lorient, dont l’équipe professionnelle évoluait alors en Ligue 2. A 15 ans, j’ai intégré le centre de formation du club pendant 3 saisons. Et à 18 ans, je suis retourné dans le football amateur jusqu’à mes 28 ans.
En tant qu’éducateur, j’ai passé les diplômes délivrés par la FFF jusqu’au BEF. Par ailleurs, je suis titulaire d’une Licence STAPS et d’un Master en management du sport. Pendant plusieurs saisons j’ai encadré les jeunes footballeurs au sein de clubs amateurs (CEP Lorient et FC Quimperlé) et à présent au sein d’une structure professionnelle.

Quels sont les entraineurs qui ton le plus inspiré dans ton parcours ?
Il y en a plusieurs ! Certains de manière indirecte (Guardiola et Denoueix par exemple) et d’autres de manière directe comme Christian Gourcuff (auteur de l’avant-propos) ou Jean-Marc Guillou (auteur de la postface). Ce sont deux références ! Ils font partie de mon histoire, de ma construction en tant qu’éducateur. Ce sont des rencontres marquantes. C’était une évidence de les solliciter dans le cadre de cet ouvrage et la spontanéité de leur réponse est significative : la conception que l’on a du jeu et celle que l’on a de la vie sont liées (collectif, partage). Il s’agit de deux grands personnages du football français qui incarnent à merveille l’esprit du livre car ils défendent depuis plusieurs décennies une certaine idée du jeu… et bien plus encore.

Quelles sont les motivations qui ton poussé à écrire ce livre ?
La genèse de ce livre est la résultante d’une part, de la volonté de structurer ma pensée et d’autre part, de la faire partager. J’ai eu la chance dans mon parcours de rencontrer des personnes qui m’ont fait partager leur vécu, leurs idées. Ça donne l’envie de partager à mon tour.

En quelque mots, que vont retrouver les lecteurs dans ton livre ?
Ils vont découvrir une certaine idée du football qui n’est pas nécessairement celle que les médias véhiculent au quotidien. C’est un livre assez court mais dense, qui présente une structure cohérente et qui s’enrichie de nombreuses citations d’entraîneurs de haut niveau. C’est également un livre engagé qui défend un idéal, celui de l’émergence de l’identité de jeu d’une équipe et sa continuité par une politique de formation s’inscrivant dans le temps.

Dans la première partie de ton ouvrage, tu nous parles de la détection des jeunes joueurs ? A ton sens, quelle sont les « dérives » actuelles des Centres de Formation ?
Tout d’abord, il est important de ne pas tomber dans la « caricature » ou les généralités. Les centres de formation permettent l’émergence d’un certain nombre joueurs de qualité, c’est un fait ! Mais la voie empruntée peut être différente pour un résultat autre… et sans doute encore meilleur.
Par exemple, il y a un nombre trop important de joueurs dans les centres de formation et certainement beaucoup trop de structures de formation. Il y a aussi un objectif de performance immédiate qui ne correspond pas nécessairement aux exigences de la révélation de jeunes talents. Il est également intéressant de s’interroger sur la place de la politique de formation au sein d’un club.

A ton sens, quelles sont les principales différences entre la formation française et les pays comme le Portugal ou l’Espagne ?
Je ne connais pas assez précisément la politique de formation espagnole ou portugaise pour développer une comparaison argumentée. Mais le fait que le Portugal, pays doté d’une population peu élevée (10 millions d’hab.), arrive à révéler régulièrement des joueurs de très haut niveau interroge. De même, il peut être intéressant de se questionner sur le fait que des pays comme la Serbie (7 millions d’hab.) ou la Croatie (4 millions d’hab.) excellent dans de nombreux sports collectifs (hand, basket, volley, foot…etc.). Concernant l’Espagne, l’approche collective du jeu semble présente dès les plus petites catégories.

Dans ton livre, tu nous parles souvent de « codes communs ». A travers l’entrainement, comment peut-on créer des codes communs qui seront par la suite au service du jeu ?
Il n’y a pas qu’une seule méthode ! La première chose est de faire ce en quoi l’on croit, c’est bien souvent source de réussite.
Les codes communs, base d’orientation des choix des joueurs, peuvent émerger de différentes manières, c’est-à-dire qu’ils peuvent être établis par l’entraîneur, construits par les joueurs ou initiés par l’entraîneur et développés par les joueurs. Pour cela, il y a de nombreux outils comme les exercices, les situations, les jeux mais aussi l’analyse vidéo. L’entraîneur doit également éveiller, éduquer et stimuler la réflexion des joueurs mais surtout maintenir une cohérence dans ses intentions de jeu afin de favoriser la création de codes communs.
Attention, les codes communs doivent être suffisamment souples afin d’être imprévisible pour l’adversaire et répondre à l’imprévisibilité du match. S’ils sont trop rigides, ils peuvent conduire à la « stéréotypation » du jeu de l’équipe !

Si tu devais donner des conseils à un jeune entraineur qui souhaite développer de la fluidité et de l’harmonie dans le jeu de son équipe quels seraient-ils ?

Tout d’abord, l’entraîneur doit identifier les facteurs qui génèrent de la fluidité comme le rythme élevé des passes ou la capacité à s’informer avant de recevoir le ballon par exemple. Il doit également assimiler que l’harmonie naît du mouvement car comme le dit Jean-Claude Suaudeau « par le mouvement, vous offrez la liberté à votre partenaire ». Cela renvoi à la notion de collectif, le joueur doit donc avoir conscience de l’autre !

Pour terminer, quelles sont les lectures qui t’ont le plus marqué dans ton parcours d’éducateur ? Si tu devais conseiller deux ouvrages ce serait lesquels ?
Le premier ouvrage m’ayant marqué est « Football je t’aime…moi non plus » de Jean-Claude Trotel. J’ai lu ce livre en 2003 et il m’a conforté à l’époque dans la voie que j’empruntais. Dernièrement, j’ai particulièrement apprécié « La Métamorphose » de Matin Perarnau qui relate, entre autre, les idées sur le jeu de Josep Guardiola.


Pour commander le livre :

Sur www.editions-harmattan.fr
Sur www.amazon.fr : Football et formation: Une certaine idée du jeu
Ou à partir de toutes les librairies.
Prix : 16 euros.

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